culture (d'entreprise)

Qu’est-ce que la culture ?

Selon le mot consacré des Notes et Maximes d’Edouard Herriot, « la culture, c’est ce qui reste quand on a tout oublié ». Avec moins d'esprit, l’UNESCO dira que « la culture, dans son sens le plus large, est considérée comme l'ensemble des traits distinctifs, spirituels et matériels, intellectuels et affectifs, qui caractérisent une société ou un groupe social. Elle englobe, outre les arts et les lettres, les modes de vie, les droits fondamentaux de l'être humain, les systèmes de valeurs, les traditions et les croyances. » (Déclaration de Mexico sur les politiques culturelles 1982, p. 1).

En résumé, la culture exprime les traits distinctifs d’un groupe social, ses modes de vie, ses valeurs, ses croyances, ses habitudes. Cela nous rapproche de la définition de Bernard Stiegler, pour qui « la culture est ce qui caractérise des modes d’existence partagés ». Il s’explique : « Par exemple, lorsque vous entrez dans mon bureau, nous nous serrons la main : nous le faisons naturellement, et spontanément, sans avoir à y penser. Ce geste automatique fait partie de notre mode d’existence. Au Japon, vous n’allez pas serrer la main aux gens, vous les brusqueriez. Il y a de l’inconscient, et donc aussi et surtout beaucoup d’affect qui passe dans un tel mode d’existence. Ce qui fait que vous vous sentez en familiarité avec des Français ou des Européens, bien que cela ne se fasse pas de la même façon partout en Europe, c’est notamment cet acte de se toucher la main, ou encore la distance à laquelle nous nous parlons, les codes de notre discussion. » (voir http://www.chronicart.com no. 18, 10.02.2005).

 

Et la culture d'entreprise ?

Nous aimerions la définir comme l’ensemble des modes d’existence partagés au sein d’une organisation : les normes et les règles communes, les valeurs et les croyances collectives, les mythes et les tabous, les rites et les habitudes, les méthodes et les interdits, le style de langage et de communication, la manière d’aborder les problèmes et les structures de pouvoir.

Ajoutons que la culture d’entreprise est fortement marquée par ce qu’elle produit, comme l'explique Jacques-Antoine Malarewicz : « Tout se passe comme si les valeurs, les pré-requis et même la philosophie qui sous-tendent ce qui est produit se retrouvent, d’une manière ou d’une autre, dans ce que sont les relations humaines dans la structure. La nature de ce qui est destiné à être vendu à l’extérieur de l’entreprise a tendance à se retrouver dans le management. C’est ce qui constitue, pour sa partie la plus intime, la culture d’une entreprise. » (Réussir un coaching. Grâce à l’approche systémique, Editions Village Mondial 2003, p. 44).

Chaque entreprise a sa culture propre : même deux entreprises exerçant exactement le même métier ou fabriquant le même produit aborderont leur marché chacune à sa manière, géreront différemment leurs ressources humaines et fixeront chacune ses propres standards de gestion et de production.

Selon Olivier Devillard, « ensemble des façons de penser et d'agir, ensemble de règles explicites ou implicites, système de cohésion et de cohérence, la culture est le capital immatériel de l’entreprise. Au-delà de la valorisation des actifs et des technologies, c’est elle qui constitue la valeur active réelle de l’entreprise » (Etude « Piloter la stratégie par la culture d’entreprise », dans Les Echos, février 2007).

C’est elle aussi qui, exagérée ou mal conduite, peut mettre l’entreprise en grave danger, comme ce fut le cas chez Enron, dont la « culture d’excellence » poussée à l’extrême faisait engager seulement les diplômés les plus talentueux des universités les plus prestigieuses, lesquels étaient ensuite laissés libres de développer les activités et les marchés qu’ils voulaient, sans cadre ni contrôle… et nous savons comment Enron a terminé sa course (voir Malcolm Gladwell, What the Dog Saw and other adventures, Penguin Books 2009, p. 357-374).

Ordinata œuvre depuis ses débuts au développement de la culture d’entreprise de ses clients et a créé, avec le concept de la fusée, un outil pédagogique pour en parler clairement. Lorsqu’elle est bien menée et vécue en cohérence entre l’être, le dire et le faire, la culture d’entreprise devient vectrice de cohésion des collaborateurs et donne un sens à leur travail. L’adhésion à la culture d’entreprise est un processus à long terme qui commence par la (re)définition de la vision partagée (voir coaching fusée), de préférence formalisée dans une Charte, et qui passe par l’implication concrète dans la durée de toutes les parties prenantes (voir cours de natation).

Lecture conseillée : James C. Collins et Jerry I. Porras, Bâties pour durer. Les entreprises visionnaires ont-elles un secret ? Editions First Management 1996.

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