Joëlle Vuignier

Participante au Parcours de Dynamique Participative pour responsables

“Dans la nouvelle approche des formations en Dynamique Participative, le mode d'emploi n'est plus au coeur, c'est l’art du nous.”

La confiance comme horizon du leadership

Joëlle Vuignier a dirigé pendant près de dix ans Transfusion interrégionale, née de la fusion de trois services de transfusion sanguine. À la tête d’une organisation exigeante, multiculturelle et fortement réglementée, elle a conduit des transformations en profondeur tout en veillant à l’engagement des équipes. Formée à la Dynamique Participative chez Ordinata en 2024 et 2025, puis aux nouveaux modules de formation du programme 2025–26, elle partage ici son expérience, l’évolution de sa posture de dirigeante et ce qu’elle emporte avec elle dans sa nouvelle étape de vie.

Peux-tu nous parler de ton rôle de directrice générale: quels étaient les enjeux majeurs de l’organisation et tes principales responsabilités?

J’ai pris la direction de Transfusion interrégionale en 2015, au moment de la fusion des services vaudois, valaisan et bernois, avec pour mission de transformer une fusion juridique en une véritable entreprise unifiée, respectueuse de ses différentes cultures et langues. Nous avons harmonisé les processus sans licenciements, en veillant à offrir une place à chacun, puis, une fois l’organisation stabilisée, je me suis attachée à la rendre attractive et stimulante pour des experts hautement qualifiés. Pendant dix ans, mon moteur a été de développer une entreprise cohérente, engagée et porteuse de sens.

Avec quel regard abordes-tu aujourd’hui ta «retraite», cette nouvelle étape de ta vie?

À la fin de mon mandat au 31 décembre 2025, j’ai eu un moment de vertige. Passer d’un engagement à 150% à, soudain, plus rien… cela m’a fait peur! Et puis, très vite, j’ai vécu ces premiers temps comme un cadeau. Chaque jour est un cadeau. Je me sens plus légère. Je n’ai plus ce «grand sac à dos» de responsabilités et de soucis. Aujourd’hui, je peux choisir mes engagements. Je prends des mandats parce qu’ils me font plaisir: dans le domaine de la transfusion pour accompagner des projets de transformation, ou dans ma commune, au sein d’une commission 60+. J’aime mener des projets, développer, innover avec des équipes. Mais je le fais désormais par choix, avec liberté.

Tu as suivi en 2024 et 2025 le Parcours «Dynamique Participative pour responsables». Qu’est-ce qui t’a marquée dans cette expérience?

Ce qui m'a marquée, c'est que la formation continue à travailler en soi bien après les modules. On emmagasine beaucoup de choses sans toujours savoir comment on va les utiliser. Et puis un jour, on se surprend à se dire: «Ah, je peux ressortir ça!»

La Dynamique Participative m’a offert une autre manière de réfléchir et d’aborder les situations. La notion de personne source m’a particulièrement touchée. Je me suis reconnue comme source, avec la responsabilité que cela implique. Mais j’ai aussi intégré que la personne source n’est pas un dieu: elle peut douter, ne pas tout savoir, exprimer ses émotions. Cela m’a profondément libérée dans ma posture.

Depuis septembre 2025, tu as participé au nouveau programme de formation en Dynamique Participative. Quelles différences as-tu perçues avec l’ancien parcours?

Du nouveau programme, j’ai suivi les modules 1 Au cœur de la Dynamique Participative et 8 Intervision en Dynamique Participative. Dans l’ancien parcours, j’avais l’impression que le centre était le «mode d’emploi»: les étapes, le processus, la technique. C’était précieux, mais je restais parfois avec des questions.

Dans la nouvelle approche, le cœur n’est plus le mode d’emploi, mais la Dynamique Participative comme un art du «nous». Le processus devient un cadre, mais l’essentiel se joue dans la qualité de ce que l’on propose au centre, dans la manière d’accueillir les objections, dans la confiance qui se construit pour décider ensemble. Cela a répondu à beaucoup de mes interrogations.

Comment résumerais-tu la singularité de la manière dont Ordinata amène ce programme?

Pour moi, elle tient au fait que la confiance est placée au centre. Cette confiance élargit l’horizon: on explore un projet à 360 degrés avant de décider. On ne se contente pas d’aller vite vers une solution.

J’ai aussi été touchée par la dimension philosophique, notamment l’approche du «leader vertueux». On ne parle pas seulement d’outils de management, mais de l’être humain dans sa globalité – esprit, âme, corps. À partir de là, on construit l’organisation.

Pourquoi avoir voulu te former en Dynamique Participative si proche de ta retraite?

Pour moi, la retraite n’est pas une fin, mais un nouveau cycle de vie. J’ai besoin de nourrir mon esprit et mon cœur. Je cherchais depuis longtemps une approche plus philosophique du management. Peut-être étais-je arrivée à un moment de ma vie où j’avais besoin d’aller vers plus de sagesse. Au moment de transmettre la Direction, j’étais engagée dans un travail important avec les cadres, qui souhaitaient plus de responsabilités et de participation. La Dynamique Participative m’a aidée à réfléchir à la manière de les faire grandir, de leur permettre de porter les décisions, tandis que je me mettais davantage en retrait. Nous avons réussi à faire ce passage en douceur, et cela a été magnifique.

En quoi ces formations ont-elles influencé ta posture de directrice générale?

Elles m’ont fait grandir. Elles m’ont apporté de la sérénité, un calme au cœur de l’agitation. Je me suis davantage autorisée à faire confiance et à ralentir.

J’ai aussi été plus attentive à mes équipes, à leur permettre de souffler. Moi qui avais tendance à aller vite, j’ai appris à créer plus d’espace, pour que chacun puisse trouver sa place et son rythme.

Avec le recul, à quoi reconnaît-on qu’une organisation avance vers plus d’intelligence collective?

Je le vois dans la joie et l’engagement des collaborateurs. Quand une personne cherche activement une solution, même si ce n’est pas «dans sa case», quand elle se sent responsable et partie prenante de l’ensemble, on perçoit que l’organisation valorise ses membres.

On le sent dans l’attitude, dans la manière d’accueillir, dans la volonté de contribuer. Ce sont des signes très concrets que la participation n’est pas un slogan, mais une réalité vécue.

Aujourd’hui, dans ta vie de retraitée active, que veux-tu garder de la Dynamique Participative?

Je veux garder le cœur. Les outils sont utiles, je les consulte encore lorsque je prépare un workshop. Mais ce qui m’habite profondément, c’est l’esprit de la démarche. Cette philosophie m’a aidée à grandir. Elle continue à m’accompagner dans mes engagements actuels.

Un mot pour la fin?

Merci, parce que cette formation correspondait à quelque chose que je cherchais depuis longtemps, entre philosophie et management. Après avoir exploré de nombreuses pistes, j’ai trouvé chez Ordinata une approche et un rythme qui me convenaient profondément. Cela m’a aidée à grandir et à terminer les dernières années de ma carrière dans le calme, la sérénité, la joie et le plaisir.