Natasha Van Rutten

lectrice du livre "IA et intelligence collective"

“Rien ne sert de maudire l’IA ou de la porter aux nues, regardons plutôt comment nous interagissons avec elle.”

Témoignage de lecture

Natasha Van Rutten est cadre dirigeante, avec plus de 25 ans d’expérience dans la gestion de contextes complexes. Elle vit et travaille en Belgique.

Les Éditions Aquilae ont demandé à Natasha Van Rutten de raconter son expérience de lecture: les pensées qui ont surgi à la lecture de IA et intelligence collective, et les réflexions qui l'ont prolongée.

Curiosité et scepticisme face à l’IA

J’ai commencé à lire le livre de Stefan Merckelbach IA et intelligence collective avec curiosité et une pointe de scepticisme: comment peut-on associer deux choses aussi différentes, voire divergentes que l’IA et l’intelligence collective? Cette dernière nous invite à être humain et en lien, l’IA nous pousse à la performance parfois à outrance, ainsi qu’à l’ivresse de la vitesse. 

Je suis une utilisatrice prudente, voire récalcitrante de l’IA. Or, ce livre m’a amené des réponses concrètes à certaines de mes questions, tant sur le plan éthique que pratique, ainsi qu’une envie renouvelée d’utiliser l’IA.

J’aime le raffinement avec lequel Stefan Merckelbach découple l’outil IA de l’image que l’on s’en fait, et comment il met en avant la responsabilisation, notre responsabilisation, qui s’ensuit de l’utilisation de l’IA. Rien ne sert de maudire l’IA ou de la porter aux nues, regardons plutôt comment nous interagissons avec elle.

Responsabilisation, espoirs et questions ouvertes

Je repars avec une guidance claire de ce que peut amener l’IA (dans le cadre de l’intelligence collective pour les Codir) aux humains que nous sommes. Mon espoir est qu’en fait elle me permette de libérer du temps pour rêver, flâner, juste «être», en prenant en charge la partie plus administrative et analytique de mon quotidien.

Il me reste néanmoins d’autres questions sur cette IA: sera-t-elle au final le reflet de la «moyenne» humaine, dont le niveau de conscience est encore en évolution? Va-t-elle lisser l’ensemble de l’humanité vers une uniformisation de la pensée? Nous mènera-t-elle vers un «vague à l’âme» généralisé, sorte de tsunami nous coupant de notre créativité et de ce qui fait notre seule égalité: le fait que nous sommes tous différents?

J’espère que Stefan Merckelbach (et d’autres auteurs) nous amèneront encore des pistes de réflexion à ce sujet, afin de revenir avant tout à qui nous sommes: des «simples» humains, si beaux et si complexes à la fois.

Une IA à sa juste place

En refermant IA et intelligence collective, je me sens plus outillée pour interagir avec l’IA, en utilisant notamment la notion de «flipper» alternant les temps longs (humains) et rapides (IA). J’aime également les questions éthiques suggérées dans le livre, portant sur l’intention (d’utiliser l’IA), la décision (toujours dans les mains des humains), les effets (des décisions, effets pas entièrement fournis par l’IA) et la vérification des résultats donnés par l’IA. J’ai été surprise par la notion d’IA agissant comme miroir par rapport à ses utilisateurs, agrandissant – si nous n’y prêtons pas garde – nos biais et nos angles morts.

Pour terminer, grâce soit rendue à l’auteur, j’ai vraiment apprécié l’appellation «Instrument d’Amplification» qu’il propose plutôt qu’«Intelligence Artificielle», ramenant l’IA à sa juste place: celle d’un actant (ou instrument agissant) soutenant, plutôt qu’un agent moral.

Commandez ici le livre IA et intelligence collective de Stefan Merckelbach (Éditions Aquilae, février 2026, 222 pages).