Sylvie Deschampheleire

Lectrice d'Un petit livre rouge sur la source

“Les principes source m’ont donné un cadre, des repères et une logique pour comprendre ce que je pressentais et vivais déjà, sans encore disposer des mots pour le dire.”

Témoignage d'une lectrice

Un petit livre rouge sur la source date de 2019 déjà (avec une réédition en 2020), mais il continue à gagner de nouveaux lecteurs chaque semaine. C'est au début de 2026 que cette lectrice, Sylvie Deschamphelaire, témoigne de son expérience de lecture.

“La force du modèle source, c’est qu’il offre un cadre, des repères, un langage. Il met en lumière les erreurs à éviter, ce qui favorise ou non la fluidité de la dynamique. J’ai eu le sentiment de voir décrite, avec des mots clairs, une réalité que je pressentais et expérimentais sans parvenir à la nommer. Si, dès le départ, j’avais pu identifier clairement le projet source et utiliser la grammaire des principes source, cela aurait sans doute facilité la collaboration et évité bien des zones d’ombre!”

Qui es-tu aujourd’hui et que fais-tu, professionnellement et personnellement?

Je m’appelle Sylvie Deschampheleire, j’ai deux grands enfants et je vis en Belgique. Leur naissance a été déterminante dans mon parcours: alors que je travaillais dans le domaine artistique, je me suis réorientée vers la prévention santé, en particulier autour de l’alimentation.

Depuis une quinzaine d’années, je suis engagée dans la transition du modèle alimentaire, principalement dans les cantines scolaires. J’ai développé une méthodologie, publié un livre (Cantine scolaire durable, Mode d'emploi) et je propose aujourd’hui des formations et des accompagnements, notamment via l'association Influences Végétales.

Qu’est-ce qui t’a donné envie de lire Un petit livre rouge sur la source, et dans quel contexte cette lecture est-elle arrivée pour toi?

Je traversais une période de forte remise en question au sein d’un collectif d’associations que j’avais initié pour agir sur les cantines scolaires. Après plusieurs années d’avancées, la fatigue, le Covid et une fragilisation de la confiance rendaient la dynamique plus confuse.

Lorsque j’ai découvert Un petit livre rouge sur la source, le mot «source» m’a immédiatement interpellée. La lecture du livre a mis des mots clairs sur ce que je vivais intérieurement, en m’offrant des repères et une compréhension fine de ce qui se jouait dans le collectif.

Qu’est-ce qui a le plus résonné pour toi à la lecture du livre?

La métaphore de la source, du ruisseau qui finalement rejoindra la mer m’a profondément touchée. Elle permet de se situer sans ego inapproprié et de reprendre une juste place dans le processus naturel, à l’image du Tao. 

En tant que personne source, on ressent ce mouvement intérieur inspirant et on a envie de le partager. Le modèle source permet d’en parler plus facilement, sans être perçue comme dogmatique. Il m’a aidée à mieux me comprendre moi-même et à éviter malentendus et autres écueils!

Un autre point très utile a été la description des erreurs possibles des personnes sources. La mienne, était le fameux «déficit de légitimité». À l’époque, la thématique que nous défendions était encore peu reconnue, et proposer une méthodologie structurée semblait irréaliste aux yeux de nombreux acteurs publics. Mobiliser un collectif d’associations a renforcé la légitimité du projet, mais, le projet source n’étant pas identifié et reconnu comme tel dès le départ, cela a créé une brèche et a eu des conséquences lourdes pour moi et pour le collectif. Cette prise de conscience a été extrêmement éclairante.

Quels sont les principaux apprentissages que tu retiens des principes source pour ta manière d’agir et de te situer dans un collectif?

Quand on initie un collectif, on part souvent avec beaucoup de conviction, d’enthousiasme et de naïveté. Il y a de nombreux postulats inconscients, des croyances, et peu de clarté sur la mécanique réelle de la collaboration. Un de mes grands enseignements concerne la cohésion. Je pensais qu’une charte co-construite et signée suffisait à la créer. Or, ce n’est pas le cas. Il manquait les conditions concrètes de la cohésion: que se passe-t-il si ce qui a été décidé n’est pas respecté ? Faute d’y avoir réfléchi dès le départ, je me suis retrouvée dans une grande impuissance lorsque le projet a commencé à se déliter.

Les principes source offrent un canevas organique, facilitant la Dynamique Participative. Ils permettent une meilleure compréhension des rôles, une interaction plus juste, une co-création plus ancrée. Le rôle de personne source est reconnu et peut être joué pleinement. La collaboration devient réelle, concrète, et ne repose plus uniquement sur l’enthousiasme.

Quel lien fais-tu entre les principes source et la question du pouvoir dans les collectifs?

Ce qui m’inspire profondément dans les principes source, c’est qu’ils dépassent la question du pouvoir. Le véritable leader, c’est le projet source lui-même. Même lorsqu’on est identifié comme personne source, on est avant tout au service du projet.

À partir de cette posture, ce qui compte n’est pas le pouvoir, mais l’alignement intérieur, la qualité de présence, le développement de ses capacités au service du projet et du groupe. Bien sûr, les enjeux d’ego existent et existeront toujours, mais les principes source offrent des repères pour les traverser autrement. Ils ont, pour moi, comblé un «angle mort» que j’ai souvent constaté dans les dynamiques collectives souhaitant fonctionner en mode participatif.

Tu as évoqué la notion d’ombre. Qu’as-tu appris à son sujet?

J’ai longtemps voulu ne voir que la lumière, pensant ainsi avancer plus sereinement. Or, cela revient à ne voir que la moitié de la réalité. En développant un projet, en touchant de plus en plus de personnes, la lumière augmente… et l’ombre aussi.

L’enjeu n’est pas de nier cette ombre, mais de l’intégrer. Si elle n’est pas accueillie, elle finit par détruire. Je pense que si l’ombre prend autant de place aujourd’hui dans nos sociétés, c’est parce qu’on a trop cherché à la reléguer dans un coin. Les principes source, par leur rapport au cycle et au naturel, ouvrent une voie pour intégrer cette dimension de manière plus saine et constructive.

Que se passe-t-il dans les collectifs lorsque ces repères ne sont pas clairement partagés?

Il existe un mythe de l’horizontalité. Pour compenser des excès hiérarchiques passés, on bascule parfois dans une horizontalité extrême où «tout le monde décide de tout». On perd alors l’équilibre entre l’horizontale et la verticale.

La personne source est la gardienne du sens profond du projet. Lorsqu’elle est invisibilisée, le collectif devient violent pour elle et inefficace pour le projet. J’ai vécu cette invisibilisation très intensément, comme si le collectif pouvait exister sans être connecté à son origine. 

Reconnaître la nature «source» d’un projet et le rôle de la personne source est, selon moi, une condition  essentielle pour éviter beaucoup de souffrance, de confusion et permettre au collectif et au projet de s’épanouir.

Quel conseil donnerais-tu à quelqu’un qui souhaite s’orienter davantage à partir des principes source?

Je lui dirais simplement de lire le livre! Il est clair, simple, didactique. C’est un véritable mode d’emploi. Il permet de repérer ce que l’on fait déjà intuitivement, ce que l’on ne fait pas, les erreurs commises et les ajustements possibles. Pour moi, c’est un outil très pratique, au service de l’action.

Sylvie Deschamphelaire est fondatrice d'Influences Végétales, www.influencesvegetales.be.

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