“Construire l’avenir du Service ensemble, plutôt que de le décider à deux.”
La collaboration entre le Service du développement territorial (SDT) du Canton du Valais et Ordinata a débuté en 2024 par un premier projet consacré à la définition de l’identité du Service, à travers une série de workshops «Charte et Valeurs d’entreprise» visant à clarifier les repères communs et les fondements du fonctionnement collectif.
Sur cette base, la démarche s’est poursuivie en 2025 avec le projet «Préparer la nouvelle organisation du SDT». Ce second volet avait pour objectifs de poser les bases de la nouvelle organisation du Service, tant sur le plan de sa structure que de ses processus, et de l'appuyer davantage sur l'intelligence collective. Le Service cherchait à impliquer concrètement les collaborateurs dans cette transformation en vue d'un fonctionnement plus autonome, orientée projets et collaboration, et favorisant de bonnes conditions de travail. Le projet visait également à coordonner cette nouvelle organisation avec le programme cantonal EfficiencePlus.
Une série de workshops taillés sur mesure, tantôt avec l'ensemble des collaborateurs, tantôt avec la direction du Service, s'est déroulée au cours de l'année 2025. Adrian Zumstein, Chef de Service du SDT, et Jean-Gabriel Tornay, Adjoint et remplaçant du Chef de Service, en font ici le bilan.
Jean-Gabriel Tornay
Nos attentes étaient multiples. Il y avait d’abord la perspective d’une nouvelle organisation, mais aussi l’envie de mieux connaître l’équipe. Pour moi, il était important de pouvoir bénéficier de remontées authentiques, ainsi que d'écouter et de comprendre ce que les personnes avaient à dire. Il y avait également une dimension de team building: faire quelque chose ensemble, construire ensemble. Fondamentalement, l’enjeu était de bâtir l’avenir du Service collectivement, et non de le décider uniquement à deux.
Adrian Zumstein
De mon côté, un premier enjeu était de pouvoir m’appuyer sur un regard externe, un appui pour faire du sparring partnership avec des idées déjà esquissées, ou au contraire encore inexistantes. Le deuxième enjeu était de prendre du recul: observer comment l’entité accueille, gère et fait vivre la méthodologie choisie. Enfin, il s’agissait de rendre explicite que la transformation ne se fait pas uniquement de manière descendante. Mon comportement, ma posture, mes décisions influencent de toute façon l’organisation, directement ou indirectement. Il était important d’en être conscient et d’impliquer davantage les personnes.
Jean-Gabriel Tornay
Un premier point marquant est que les workshops se préparent en profondeur, même si cela ne se voit pas toujours pendant les séances. Ensuite, les différentes manières de faire remonter les informations sont intéressantes. Par moments, on peut avoir l’impression que le processus n’avance pas, que l’on patauge. Le résultat met du temps à émerger, ce qui demande de la patience et surtout de la confiance dans le duo d’animation. Sans cette confiance, on décroche. La décision par consentement a aussi été une découverte. Au départ, on se dit que si partager une vision prend déjà une heure et demie, on n’en sortira jamais! Et pourtant, on arrive à un résultat soutenu par tout le monde.
Adrian Zumstein
Ce qui m’a surpris positivement, c’est l’efficacité de la méthodologie lorsqu’elle est bien structurée et correctement menée. La décision par consentement permet d’aboutir relativement rapidement à un résultat non seulement acceptable, mais réellement porté par l’ensemble du groupe. J’ai aussi été marqué par le niveau d’implication. Même si la motivation varie selon les moments, les thématiques ou l’état d’esprit du jour, la méthode a progressivement réveillé les personnes. Le taux de participation et de contribution était élevé, y compris de la part de personnes peu habituées à s’exprimer en plénum.
Pour un responsable, cela demande d’être prêt à se laisser questionner, voire critiquer. On doit accepter que des défaillances du système actuel soient mises en lumière. Sans cette disposition, la méthodologie ne peut pas fonctionner.
Jean-Gabriel Tornay
Il faut aussi accepter de ne pas savoir à l’avance où l’on va arriver. Si l’on n’accepte pas cette incertitude, le processus perd toute crédibilité et s’arrête très vite.
Adrian Zumstein
Le premier facteur est la confiance, notamment envers le partenaire externe, Ordinata. Il doit être suffisamment proche pour créer un lien de confiance avec l’équipe, tout en restant objectif, critique et neutre lorsque c’est nécessaire. Ce rôle de miroir, de sounding board, est essentiel. Le partenaire externe apporte aussi son expérience d’autres situations, ce qui aide à esquisser des solutions lorsque l’on est soi-même trop impliqué.
Jean-Gabriel Tornay
Pour moi, un facteur clé est l’absence d’agenda caché. Il est fondamental de clarifier dès le départ sur quoi on agit et sur quoi on n’agit pas, ce qui est fixe et ce qui peut évoluer. Sans cette clarté, le doute s’installe: les personnes peuvent se demander si d’autres décisions sont déjà prises en coulisses. La confiance repose sur cette transparence et sur l’absence de calcul.
Adrian Zumstein
Un premier effet a été de clarifier que chaque personne est importante dans la structure. Cette prise de conscience devra encore être confirmée dans la phase d’implémentation, lorsque les idées seront confrontées à la réalité. Le processus a aussi initié une responsabilisation plus large: non pas un désengagement de la Direction, mais une responsabilité partagée, où chacun contribue activement à la recherche de solutions.
On voit émerger un réflexe nouveau: face à un défi, les personnes se demandent avec qui réfléchir et comment formuler des propositions, plutôt que d’attendre des réponses toutes faites.
Jean-Gabriel Tornay
Ce que j’ai trouvé particulièrement fort, c’est la prise de conscience collective qu’une structure qui a un certain mode de fonctionnement depuis des années accepte de le modifier pour l'améliorer. Cette prise de conscience collective est essentielle.
Le processus a permis de poser un constat partagé: ce que nous faisons a-t-il du sens? Est-ce encore pertinent? Ce constat commun a fait naître une véritable envie de changement. Il a aussi permis de clarifier un programme de travail pour la suite: une vision, un organigramme, des cahiers des charges, des processus, des principes de fonctionnement, une vision. On sait désormais ce qu’il reste à faire.
Adrian Zumstein
Ordinata est un partenaire fiable qui aide à remettre l’être humain au centre, au service du collectif, pour développer l’intelligence collective.
Jean-Gabriel Tornay
J’ajouterais un mot de remerciement pour l’accompagnement et le soutien dans la durée. Et la certitude que, si un nouveau besoin se présente un jour dans ce domaine, je sais vers qui me tourner.
Pour en savoir plus sur les activités du SDT, voir ces deux émissions TV de Canal 9:
Les pieds sur terre, LAT: les enjeux de l’aménagement du territoire (12 novembre 2025)
Les pieds sur terre, LAT: les réalités du terrain (17 décembre 2025)
Pour en savoir plus sur les workshops d'Ordinata.