Martine Lachat Clerc

Directrice de Solidarité femmes fribourg

On avait l’envie, les outils et les connaissances, mais ces workshops nous ont permis de transformer tout cela en une véritable gouvernance participative, ancrée et durable.

De l’intention à la gouvernance participative

Directrice de Solidarité Femmes Fribourg, Martine Lachat Clerc partage ici son retour d’expérience sur l’implémentation de la Dynamique Participative au sein de son organisation. Avec son équipe de direction et un membre du comité, elle a participé aux workshops Implémenter la Dynamique Participative (équivalents aux modules 6 et 7) proposés par Ordinata. Deux temps forts, espacés de plusieurs mois, qui ont permis de passer de l’intention à une mise en pratique structurée, en impliquant les instances stratégiques et en posant les bases d’une gouvernance participative durable.

Avant ta participation au premier workshop (module 6), où en étiez-vous chez Solidarité Femmes dans l’implémentation de la Dynamique Participative?

Avant, il y avait une réelle envie d’implémenter la Dynamique Participative. Une partie de l’équipe de direction était déjà formée, et nous utilisions certains outils acquis dans les modules 1 à 5. Nous nous étions également organisés en espaces de coordination, avec des séances de coordination, d’amélioration et de décision.

Sur le principe, tout était donc en place. En revanche, dans la pratique, nous sautions souvent des étapes et les processus n’allaient pas toujours jusqu’au bout. Il manquait un véritable ancrage. Il y avait l’idée, l’envie, les outils et les connaissances, mais pas encore une implémentation solide et cohérente.

Avec qui as-tu participé aux workshops des modules 6 et 7?

Nous étions l’équipe de direction au complet: les quatre responsables de secteur, et moi-même en tant que directrice. Un membre du comité de l’association a également participé.

Le comité est l’organe décisionnel stratégique de l’association. Même si, formellement, l’Assemblée générale détient le dernier mot, dans la pratique ce sont surtout les membres du comité qui portent la stratégie et en garantissent la mise en œuvre. Leur implication était donc essentielle.

Quels ont été les apports de ces deux workshops pour Solidarité femmes?

Les apports ont été considérables, d’abord en termes de clarification. Nous avions déjà des éléments, mais le premier workshop (module 6) nous a permis de concrétiser clairement les espaces de coordination et d’amélioration, et surtout de faire le lien entre la théorie et notre réalité quotidienne.

Entre les deux workshops, nous avons déjà pu ajuster et améliorer certaines pratiques. Le 2e workshop (module 7) a ensuite permis de consolider l’ensemble, d’ajouter les Cercles de décision et de construire une planification claire.

L’implication du comité a été déterminante. Elle ouvre la voie à une Dynamique Participative qui ne repose plus uniquement sur des personnes convaincues, mais qui devient un véritable principe de gouvernance. À terme, cela garantit la durabilité de la démarche au sein de Solidarité femmes.

Et pour toi, personnellement, en tant que directrice, quels ont été les apports de ces workshops?

Ils ont été extrêmement soutenants. À un poste de direction, on se sent souvent très seule, même avec une bonne équipe. Le fait de pouvoir consacrer deux jours entiers avec l’équipe de direction à ces questions de gouvernance est précieux.

L’accompagnement par Ordinata est également essentiel. Les formateurs s’adaptent à nos besoins, à nos questionnements, et nous aident à nous situer. Cela permet de se sentir légitime dans le rôle de locomotive du changement, tout en offrant des repères clairs pour s’ajuster lorsque nécessaire.

Les deux workshops sont, selon moi, indispensables pour réussir l’implémentation. On peut avoir des idées, des outils et de la bonne volonté, mais sans ce temps structuré avec la direction et le comité, il manque toujours quelque chose. Ces modules permettent de finaliser le processus, d’aboutir à un plan d’action concret, avec même des alternatives si tout ne se passe pas comme prévu. C’est ce qui permet réellement d’atteindre le sommet de la courbe d’implémentation.

Que s’est-il passé entre les deux workshops, pendant les quatre mois d’intervalle?

Cet intervalle était très précieux. Le 1er workshop se concentre sur la coordination et l’amélioration, ce qui permet d’observer comment les équipes et les Cercles fonctionnent réellement sur le terrain.

Ces quatre mois nous ont permis de tester, d’ajuster, de proposer et de valider des changements avec les équipes. Dans une organisation comme la nôtre, avec des équipes nombreuses et très sollicitées, tout ne peut pas se transformer du jour au lendemain.

Ce temps a aussi permis de mettre en œuvre la première partie du plan d’action, afin d’arriver prêts au 2e workshop. Les Cercles de décision ne peuvent être installés efficacement que si les espaces de coordination sont déjà clairs. Sans cette étape intermédiaire, la charge aurait été trop lourde.

Pour Solidarité femmes, ces quatre mois étaient nécessaires. D’autres structures, disposant de plus de ressources dédiées, pourraient aller plus vite. Mais pour nous, ce rythme était juste.

Quels sont les prochains pas?

Le premier pas est d’informer la Présidente et le comité des propositions élaborées durant ces deux jours, et de les inviter à adhérer pleinement à cette évolution vers une gouvernance participative.

Nous avons la chance d’être dans une période de transition. C’est une opportunité pour faire de l’implémentation de la Dynamique Participative une priorité stratégique, éventuellement portée par une personne ou un binôme au sein du comité.

En parallèle, la direction va fonctionner de manière systématique en Cercles de décision, ce qui va progressivement se déployer dans l’ensemble des secteurs. L’étape suivante sera d’inscrire la Dynamique Participative dans les Statuts, afin qu’elle soit reconnue officiellement comme principe de gouvernance de l’association.

Un mot pour conclure?

Un immense merci, avec beaucoup de reconnaissance. Cette démarche apporte énormément à l’association, mais aussi à titre personnel. Chaque module est une source d’apprentissage, de valorisation et de croissance humaine. C’est une expérience profondément riche, à la fois collective et individuelle.


Pour en savoir plus sur les Workshops Implémenter la Dynamique Participative.

La même démarche, mais sous forme de parcours de formation individuelle.


Si tu devais recommander cette démarche à une autre structure, que lui dirais-tu?

Je lui dirais clairement d’y aller. Les deux workshops (équivalents aux modules 6 et 7) s’adressent à des structures qui ont déjà fait un chemin en Dynamique Participative et qui souhaitent concrétiser leur démarche.

La théorie est accessible, mais sa mise en pratique est complexe et propre à chaque organisation. L’expertise d’Ordinata est indispensable pour dépasser les blocages, prendre en compte les spécificités de chaque structure et trouver des solutions adaptées. Sans cet accompagnement, on peut vite se décourager en se disant que sa structure est trop complexe ou trop atypique. Avec Ordinata, les discussions permettent toujours d’ouvrir de nouvelles pistes et d’aboutir à des solutions concrètes.

À mes yeux, faire les modules 1 à 5 sans aller jusqu’aux modules 6 et 7, c’est comme laisser une construction inachevée. Si l’on est allé jusque-là, c’est que l’on y croit! Ces deux modules (et mieux encore, leur version en workshops avec les membres de son équipe dirigeante) permettent de passer réellement à l’action.