Cette formation sous forme d’Atelier s’adresse aux Conseils d’Administration et de Fondation qui souhaitent mieux saisir ce que signifie la Dynamique Participative (DP) pour leur mission stratégique. Elle permet de découvrir les bénéfices de ce mode de gouvernance, de comprendre ce qui change pour le Conseil et d’identifier comment exercer ses responsabilités avec pertinence, sans confusion avec celles du terrain.
Un besoin de mise en cohérence
Quand les équipes opérationnelles adoptent une forme de Dynamique Participative, le Conseil peut se retrouver en décalage, même lorsqu’il a officiellement validé la transition. Le risque est alors de voir apparaître deux logiques parallèles: d’un côté, un terrain qui expérimente la gouvernance participative; de l’autre, un Conseil qui continue à fonctionner "à l'ancienne", sans prendre la mesure du décalage grandissant entre un pilotage vertical classique et une culture participative. Le nouvel Atelier d’initiation à la Dynamique Participative pour Conseil d’Administration ou de Fondation a été conçu pour prévenir ces malentendus et permettre une véritable mise en cohérence.
Le Conseil, caisse de résonance et gardien de cohérence
Un Conseil peut jouer un rôle fantastique lorsqu’il adopte une posture ajustée: celle du recul stratégique, d’un regard extérieur et bienveillant, capable d’interroger, d’alerter, de soutenir et de questionner les angles morts. Il veille au respect du droit, des statuts et des principes éthiques fondamentaux. Sans s’immiscer dans les choix concrets, il s’assure que les décisions prises dans les cercles opérationnels respectent les engagements et obligations de l’organisation. Dans certaines structures, il joue aussi un rôle de visibilité et de légitimation auprès de l’environnement externe – financeurs, autorités, partenaires – sans accaparer la légitimité interne.
Le rôle spécifique du Conseil dans la gouvernance dynamique
Au sein d’une Dynamique Participative, le Conseil peut devenir une caisse de résonance pour la source globale de l’organisation, un catalyseur de clarification des prochains pas et un gardien de la cohérence, d’autant plus soutenant qu’il a conscience de son propre rôle au cœur de la gouvernance dynamique, et sans jamais chercher à se substituer aux acteurs de cette gouvernance sur le terrain. Il exerce un rôle clé, assumant des responsabilités de long terme: préserver l’intégrité de l’organisation, maintenir la mémoire institutionnelle, assurer le lien externe et encourager une vision durable.
La fonction de Président-e mérite ici une attention particulière: statutairement et légalement, elle concentre une position de pouvoir, mais dans une organisation qui fonctionne en Dynamique Participative, présider signifie avant tout servir, notamment en facilitant la circulation entre gouvernance formelle et gouvernance dynamique.
Deux formes de gouvernance qui se nourrissent
Car une organisation en DP articule deux formes de gouvernance: la gouvernance formelle, liée aux obligations juridiques, financières et institutionnelles, et la gouvernance dynamique, portée par les personnes et les rôles qui font vivre l'entreprise au quotidien dans les cercles de décision, les processus participatifs et les interactions de terrain. Ces deux gouvernances, loin de s’opposer, se nourrissent mutuellement dès lors que chacune est reconnue pour sa valeur propre. Le Conseil, bien qu’il incarne avant tout la gouvernance formelle, participe pleinement à la gouvernance dynamique lorsqu’il assume son rôle spécifique. L’apprentissage du processus de décision par consentement et, plus tard, l'intégration dans son fonctionnement de «seconds liens» issus de l’opérationnel renforcent cette articulation, permettant au Conseil d’exercer un rôle de service et de régulation, tout en bénéficiant pleinement des avantages de l’intelligence collective dans son propre fonctionnement.
Une posture d’alignement exigeant
L’Atelier propose une initiation aux fondements de la Dynamique Participative à travers de repères structurants. Il offre un cadre pour clarifier la place du Conseil dans l’organisation en transformation et met en lumière une posture compatible avec ce type de gouvernance: vigilance, soutien et responsabilité éthique, le tout au service de la pérennité du projet, du respect du cadre légal et de l’intégrité des processus. Ni pilote, ni source globale, mais acteur stratégique de premier ordre, le Conseil garantit que la gouvernance dynamique qui se construit concrètement sur le terrain, reste cohérente avec le cadre formel et juridique.
Une invitation aux Présidences
La Dynamique Participative ouvre aux Conseils l’opportunité de renforcer et d’actualiser leur rôle. En assumant une posture de vigilance, de service et de cohérence, ils deviennent des partenaires stratégiques pleinement alignés avec l’évolution de leur organisation. Généralement, c’est aux Présidences que revient la responsabilité d’engager ce mouvement: en organisant un Atelier pour leur Conseil, elles lui offrent un espace pour clarifier sa mission au sein d’une Dynamique Participative et contribuer activement à une gouvernance solide et partagée.
Vous trouverez ici le descriptif de l'Atelier. A bientôt!
Stefan Merckelbach, philosophe manager
Voici le deuxième article sur cette même thématique.