Nous courons souvent après le temps, comme une inexorable fuite en avant. Mais sommes-nous prêts à entendre que le temps n'est peut-être pas seulement linéaire, qu'il peut s'étendre en 3 dimensions, jusqu'à occuper la notion d'espace?
«Laissez-moi respirer!»
N’avez-vous jamais prononcé cette phrase? Bien sûr, elle peut recouvrir de nombreux aspects et s’appliquer à de multiples domaines : le besoin d’air, le besoin de temps, le besoin d’espace. Mais si nous creusons davantage le sujet et cherchons à identifier ce qui se cache derrière une telle déclamation, cela nous mène à considérer la notion d’espace un peu différemment, de manière plus intégrale, tel que le thème est habituellement abordé en Dynamique Participative.
Un espace de travail, nous nous le représentons assez facilement: il peut s'agir de son lieu de travail, son entreprise, son institution, son bureau ou encore sa place au sein de l’open space… Pourtant un espace de travail est bien plus que cela, une simple place. Les personnes initiées à la notion de source vous le diront en effet: c’est rarement dans cet espace-là que leur viennent leurs intuitions, leurs idées éclairantes quant aux prochains pas à réaliser pour faire avancer leurs projets. C’est pourquoi la notion d’espace revêt une dimension bien plus large et significative. L’espace, c’est un lieu, mais également un temps. Du temps. Du temps de ressourcement. Un espace pour soi, du temps de réflexion, de reconnexion. Raison pour laquelle il est si primordial de penser à ménager ces espaces. Oui mais comment?
Pour certains, cela passe par l’agenda. Bloquer, à rythme régulier, du temps où l’on ne sera pas dérangé, afficher «non disponible» pour éviter la planification intempestive de séances de dernière minute. Mais également dévier sa ligne téléphonique, fermer la porte de son bureau, sortir. Aller se mettre au vert, dans un environnement permettant de se soustraire, momentanément, à toutes ses occupations et aux préoccupations du quotidien.
Ménager du temps pour soi, cultiver sa personne, c’est aussi rendre service au collectif. Revenir aéré, disposé et disponible, avec les idées claires sur les prochaines étapes à mettre en œuvre, est un service rendu au collectif. Il ne s’agit pas d’un acte égoïste, mais d’un acte responsable. Car cultiver le collectif passe par la culture de la personne.
Un espace, une fonction
S’il vous fallait encore un exemple, attardez-vous un instant sur les expressions populaires, car elles ne laissent généralement rien au hasard. Par exemple, derrière le sens premier «j’ai besoin d’air» se cache une sagesse plus profonde. Aujourd’hui, dans un monde hyper connecté, où tout va plus vite et dans lequel on attend de vous des réponses immédiates, ce besoin «d’air» est encore plus grand, plus important que ce que l’on imagine.
Dès lors, si prendre du temps et organiser des espaces devient vital, il est cependant tout aussi nécessaire de catégoriser ces moments, et ce de manière lisible et compréhensible pour tous. Surtout lorsqu’il s’agit d’espaces collectifs. Besoin d’un espace pour brainstormer? On pensera ici par exemple au groupe d’amélioration de la Dynamique Participative (voir le Module 3 du Parcours de formation Dynamique Participative pour responsables). Un espace pour bonifier et valider? Rassemblons-nous en cercle de décision. Et si le temps est venu de passer à l’action, regroupons-nous au sein d’un espace dédié à la mise en œuvre, en bilatérale ou en comité de coordination. En résumé: un espace, une fonction. Cela permet ainsi à chacun de savoir précisément ce qui est attendu de lui à ce moment. De la créativité dans le premier cas, de la participation dans le deuxième, de l’agilité dans le dernier. Conclusion: moins de malentendus et de perte de temps, plus d’efficacité et de satisfaction. L’efficience.
En Dynamique Participative, les responsables apprennent à identifier ces espaces, à les susciter et à les ménager, et à leur permettre d’insuffler à leurs équipes un esprit de bienveillance collective.
Mettre en œuvre les bons outils de la Dynamique Participative dans les bons espaces permet de modifier les comportements en profondeur et de tendre progressivement vers la mise en place d’une gouvernance partagée.
N’oubliez pas, dans un environnement où les frontières sont de plus en plus intangibles, et je pense notamment au télétravail où les sollicitations sont incessantes, la redéfinition de vos espaces est vitale pour garder pied.
Prenez soin de vos espaces, votre collectif vous le rendra bien !
Marianne Demont, manager en communication bienveillante